Présentation du modélisme ferroviaire

Introduction 

Le modélisme ferroviaire comprend la construction, l’activation et l’entretien de réseaux de trains miniatures, dans des buts de divertissement, d’apprentissage technique et d’acquisition de connaissances.

Les trains miniatures sont un passe-temps bien établi en Amérique du Nord depuis le début du XXe siècle. Des générations d’enfants ont été éblouies par les trains électriques qui sont un cadeau traditionnel du temps des fêtes. Les trains jouets de marques « Lionel », « American Flyer » et « Lego » viennent à l’esprit de plusieurs quand on mentionne les trains miniatures.

Cependant, ces modèles jouets manquent généralement de réalisme et les amateurs adultes leurs préfèrent des trains plus adaptés à leur passe-temps. Il existe de nombreuses échelles de trains miniatures. Dans la taille « Z », les locomotives ont à peine la taille d’un bâtonnet de gomme à mâcher. Mais, on retrouve aussi des modèles énormes que l’on doit opérer en plein air, comme des trains construits à 1/8 de la taille réelle et sur lesquels on peut s’asseoir. Les échelles les plus connues du modélisme ferroviaire sont, en ordre croissant de grandeur, « Z », « N », « HO », « S », « O » et « G ».

L’échelle utilisée par notre club est l’échelle HO, de loin la plus populaire. On estime que les trois quarts des modélistes nord-américains l’utilisent. L’échelle HO est plutôt petite car elle représente 1/87 de la réalité. Cependant, elle est populaire parce qu’elle est un bon compromis entre les échelles minuscules qui ne permettent pas de mettre beaucoup de détails sur les trains et les bâtiments et les échelle plus grandes qui requièrent trop d’espace pour les réseaux.IMG_0852

Étapes de la construction d’un réseau

La construction d’un réseau de trains miniatures est un passe-temps qui demande de la patience, de la minutie, et la conjonction de nombreuses habiletés.

La construction d’un réseau dans un club permet de mettre en commun les talents et les intérêts divers des membres. Ainsi, ceux qui connaissent bien les opérations peuvent faire bénéficier aux autres de leur expertise et apprendre de ceux qui se consacrent plus à l’électricité ou à la charpenterie. Ceux qui excellent dans l’électronique transmettent leurs connaissances à ceux qui maîtrisent les techniques de construction et de décoration, et reçoivent en retour une initiation au maquettisme.

Observation et documentation

À toutes les étapes de la construction d’un réseau, les modélistes doivent se renseigner sur les différentes techniques de construction et de maquettisme, le genre d’opérations qui ont cours dans la réalité, la configuration des structures industrielles et ferroviaires dans le monde réel, etc.

Pour ce faire, ils doivent constamment consulter des sources spécialisées comme des revues, des livres, des sites Internet et des blogs qui traitent de l’industrie ferroviaire, de l’histoire des trains et du modélisme. La documentation disponible est très étendue et variée.

Les modélistes essaient aussi de visiter des musées ferroviaires et des réseaux miniatures ouverts au public au cours de leurs voyages. Ils vont aussi voir de vrais trains en action pour mieux observer la réalité et prennent des photos et des films pour les consulter plus tard. Ils parlent parfois à des gens qui travaillent dans l’industrie ferroviaire pour mieux en comprendre le fonctionnement.

Dans tout club de petits trains, quelques membres ont des liens directs avec l’industrie ferroviaire ou en sont des observateurs avertis. Leur contribution est cruciale pour assurer le réalisme du réseau.

Planification

Avant de commencer la construction d’un réseau, il faut décider des buts de notre réseau. Est-ce de représenter une région et une époque en particulier? Est-ce de permettre des opérations complexes pour des modélistes chevronnés? Est-ce que pour permettre à plusieurs personnes de participer à la réalisation et à l’activation d’un réseau? Est-ce pour émerveiller et distraire les gens, en particulier les enfants?

À partir de ces questions, des orientations fondamentales pourront être décidées et mises en œuvre. Un circuit pour les opérations sera complexe et son décor sera limité dans l’espace. Un réseau visant la reconstitution historique devra respecter des tracés et décors reliés à son époque. Un modèle visant la participation sera relativement simple et offrira des possibilités de décoration pour plusieurs maquettistes.

Lorsque la stratégie de base a été déterminée, il faut planifier le tracé des voies, les aiguillages, le relief, l’emplacement des villes et des cours de triage, etc. De nombreuses discussions et essais seront nécessaires avant d’arriver à des décisions finales.

L’ampleur des défis et des problèmes logistiques et techniques peut rendre l’étape de planification assez longue. Dans un club comme le nôtre, certains projets demandent une élaboration et une planification à long terme car il vaut mieux souvent ne pas se presser si on veut arriver au meilleur résultat.

Construction

Il faut ensuite passer à la construction de l’infrastructure du réseau. Le squelette d’un circuit ferroviaire est normalement fait de bois. Il existe différentes techniques de construction et d’assemblage en ce domaine. Quelque soit le choix des techniques et des matériaux utilisés, la charpenterie d’un réseau est complexe, précise et doit être très solide pour éviter les vibrations, les bris et l’affaissement.

Les structures ferroviaires peuvent comprendre un ou plusieurs étages. Notre réseau comprend deux sections: une section à un seul niveau et une autre à trois étages.

Il faut aussi décider quelle sera la surface de fond pour soutenir nos voies ferrées et notre décor. Il est possible d’utiliser du bois, des matériaux de particules agglomérées, des panneaux de gypse ou du styromousse.

Dans notre modèle, plusieurs techniques de construction ont été utilisées au fil des ans. Elles répondaient souvent à des besoins particuliers mais elles furent aussi choisies afin de faire des expériences et de développer des habiletés. En effet, la philosophie d’un club public comme le nôtre est de permettre aux membres d’apprendre plusieurs méthodes de modélisme. Nous ne suivons pas un scénario technique tout écrit d’avance. L’essai — réussi ou non — de diverses méthodes de construction, de décoration, d’éclairage (etc.) est une des particularités de notre club et cela nous apporte bien des enseignements.

Pose des rails

La pose des rails demande un travail méticuleux car les trains ne doivent pas dérailler et manquer de courant durant les opérations. De plus, les rails sont déposés sur un fond de liège ou de caoutchouc mousse pour réduire le bruit et les vibrations.

Lorsque les rails sont installés, on les peinture et on les entoure d’une imitation de ballast (le gravier sur lequel sont placés les rails) pour en accentuer le réalisme.

Électricité

L’étape suivante est l’acheminement du courant électrique qui servira à alimenter le système. Naturellement, cela sert surtout à faire rouler les trains, mais il ne faut pas oublier que l’électricité pourra aussi faire fonctionner les aiguillages actionnés à distance et les lumières présentes dans le réseau.

Dans notre réseau, l’alimentation électrique des rails est largement complétée, mais le réseau n’est pas encore complètement éclairé. Nous déployons graduellement d’autres fils électriques et transformateurs dans ce but. Nous ne prévoyons pas éclairer tout les bâtiments et agglomérations de notre réseau, seulement une partie.

Système de commande des trains

Traditionnellement, on contrôlait les trains à partir du flux électrique circulant dans les voies, à partir de transformateurs munis de potentiomètres. C’est ce que l’on nomme le système DC (pour Direct Current). Plusieurs amateurs continuent à opérer leurs petits réseaux domestiques de cette façon.

Les réseaux importants utilisent désormais un système qui contrôle des locomotives équipées de récepteurs et de puces informatiques. Ce système appelé DCC (pour Digital Command Control) permet de faire rouler simultanément un grand nombre de locomotives indépendantes sur les mêmes rails. Il simplifie la construction et l’entretien des réseaux miniatures parce qu’on n’a pas besoin d’isoler et d’électrifier séparément chaque partie du réseau pour y faire rouler des trains.

Décor

Le décor comprend les éléments de relief comme les montagnes, plaines et étendues d’eau que l’on veut intégrer dans notre réseau. Il inclut les arbres, les plantes, les roches, les surfaces sablonnées de la nature. Il comprend aussi les rues, les parcs et les autres infrastructures des villes. Enfin, il faut penser à l’arrière-plan des scènes, comme la couleur des murs et les décors en trompe-l’œil.

La préparation du décor est une activité très longue et minutieuse, mais elle apporte énormément de satisfaction. En effet, faire rouler des trains dans des sections comprenant des arbres et des maisons est beaucoup plus agréable que de les voir défiler devant des madriers de bois…

Le décor de notre réseau est seulement terminé en partie. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour les membres en ce domaine !

Structures

Les structures sont tous les grands éléments construits par les humains, comme les maisons et édifices, les bâtiments ferroviaires ou industriels, les ponts, etc.

Les structures sont généralement réalisées à partir de modèles à coller vendus commercialement. Cependant, les modélistes peinturent les structures à leur goût et plusieurs modifient les bâtiments qu’ils assemblent pour mieux servir leurs besoins.

Certains modélistes construisent eux même leurs propres structures à partir de bois, de carton ou de plastique. Ils complètent souvent ces modèles originaux avec des accessoires et des détails achetés dans le commerce.

Les structures doivent avoir l’air réaliste dans leur couleur et leur texture. Les modélistes utilisent plusieurs techniques afin de créer une patine ou même donner un aspect délabré aux structures déployées sur un réseau.

Finition

Lorsque les paysages et les structures sont complétés, il faut ensuite leur donner vie avec un grand nombre de détails et d’accessoire. Des poteaux de signalisation, des lumières, les clôtures, des affiches, des camions, automobiles, bateaux ou avions sont utilisés dans les réseaux. Et, il ne faut pas oublier les petits personnages qui sont la touche finale et indispensable à un circuit ferroviaire.

Préparation du matériel roulant

Les locomotives et wagons d’un réseau ferroviaire demandent beaucoup d’attention. Il faut les tester pour s’assurer qu’ils vont bien remplir leurs tâches et les entretenir périodiquement en les nettoyant et en les huilant.

Certains de nos membres modifient considérablement le matériel roulant qu’ils achètent afin d’en accroitre les performances et d’en accentuer le réalisme. Par exemple, ils changent des moteurs de locomotives pour permettre de tirer des trains plus longs. Ils rajoutent de petits détails sur des locos et wagons pour être fidèles à la réalité historique.

Dans notre réseau, les membres peuvent utiliser des modèles HO de toute la gamme de prix et ne sont pas tenus de les modifier. Cependant, nous leurs demandons de s’assurer qu’ils possèdent des roues de métal et des attelages de qualité et de tester leur matériel avant de le faire rouler.IMG_0855

Les opérations

Un réseau ferroviaire doit permettre de réaliser plusieurs opérations avec le matériel roulant, que ce soit pour assembler ou séparer des trains, amener des approvisionnements ou des passagers d’un endroit à l’autre, mettre des trains dans des voies de garage, faire face à des accidents ou autres événements imprévus, etc.

Les opérations peuvent être relativement simples, par exemple lorsque les opérateurs se contentent de faire circuler des trains d’un bout à l’autre d’un réseau. Cependant, on peut aussi se donner certains objectifs plus complexes, par exemple acheminer des wagons dans une autre section du réseau et constituer de nouveaux trains.

Il existe aussi des séances d’opérations réalistes et complexes dans lesquelles les participants tentent de reproduire des situations de réseaux réels. Dans ces séances, les opérateurs doivent remplir des commandes précises dans des temps déterminés. Certains opérateurs ont pour seule fonction de ranger et d’assembler des trains dans les cours de triage ou d’opérer les locomotives de service de grandes industries. Un répartiteur (dispatcher) s’occupe de donner les ordres de marche et de coordonner les opérations.

Notre club est ouvert à toutes les semaines aux membres qui veulent conduire des opérations simples. Les séances d’opérations plus complexes sont organisées et planifiées à l’avance.

L’entretien d’un réseau

Un réseau ferroviaire est un système relativement fragile qu’il faut constamment entretenir. Par exemple, il faut constamment nettoyer et frotter les rails pour ne pas que la poussière, la graisse, l’oxydation et les débris de construction affectent le fonctionnement des trains. Il faut lutter contre la poussière et les toiles d’araignées dans le réseau. Il faut redresser les arbres ou les personnages qui sont tombés, etc. Les tâches d’entretien et de nettoyage ne sont pas les préférées des modélistes, mais elles font partie du jeu.